Psychanalyse

Une des lettres à Nathanaël (extrait de mon livre paru chez L’Harmattan)

Un de mes amis, Nouredine Boukhsibi,  a traduit en arabe cette lettre extraite de mon livre « Lettres à Nathanaël ; une invitation à la psychanalyse », paru chez L’Harmattan en octobre 2005. Elle a été publiée dans une revue électronique. Je mets ici sa version en français.

 Lettre 20 – A chacune son symptôme

 juillet 2002

Cher Nathanaël, dans ma dernière lettre, je t’ai décrit les amours embaumées de l’obsessionnel, mais les femmes rencontrent, elles aussi, des difficultés sur les chemins d’accès à leur féminité. Elles aussi font des détours par des identifications à l’autre sexe.

Enfin la haine du père se dévoile sous le masque de l’amour

Dans « le cours de l’analyse actuelle »,  p. 287, il y est de bout en bout question d’argent, des subsides donnés par la communauté analytique, puisque Freud faisait une collecte, en faveur de l’Homme aux loups, le fait que ce dernier avait caché à Freud le capital qu’il possédait sous la forme de ses bijoux, les consultations avec les dermatologues et les médecins qu’il payait ou qu’il ne payait pas. Ce point étant lié par lui, comme dans l’histoire de Dora à la puissance virile. Il s’agissait d’en avoir ou pas.

D’Hamlet à Timon d’Athènes, l’aversion de la sexualité

 

Dans l’interprétation des rêves, Freud évoque pour la première fois la tragédie d’Hamlet en la comparant à celle d’Œdipe Roi (p.230). Il souligne le fait qu’entre les deux tragédies le travail de refoulement a eu lieu. Dans Hamlet on ne retrouve plus comme traces de ces  désirs oedipiens que les scrupules de conscience du héros et son impossibilité d’agir. Freud le qualifie d’hystérique ce qui en soit est quand même surprenant puisqu’on ne trouve pas chez lui trace de ce que Freud a qualifié de saut dans le corporel qui caractérise la névrose hystérique mais sans doute Freud a-t-il retenu cette troisième forme d’identification qu’il a décrite, l’identification hystérique au désir de l’Autre,  en tant qu’ Hamlet s’était identifié à son oncle, celui qui avait réalisé son vœu le plus secret, celui de coucher avec sa mère et de tuer son père. Dans la même veine il évoque aussi cet autre symptôme que nous retrouvons chez Dora, celui du dégoût de la sexualité. Freud utilise même le terme d’aversion : « L’horreur qui devrait le pousser à la vengeance est remplacée par des remords, des scrupules de conscience. Il lui semble qu’à y regarder de plus près qu’il n’est pas meilleur que le pécheur qu’il veut punir. Je viens de traduire en termes conscients ce qui doit demeurer inconscient dans l’âme du héros ; si on dit après cela qu’Hamlet était hystérique, ce ne sera qu’une des conséquences de mon interprétation. L’aversion pour la sexualité que trahissent ses conversations avec Ophélie, concorde avec ce symptôme. Cette aversion qui devait grandir toujours davantage chez le poète, dans les années qui suivirent, jusqu’à atteindre son point culminant dans Timon d’Athènes. »

« Sous la pantoufle de sa femme »… et de ses psychanalystes

Très surprenant : alors que dans les trois premiers chapitres j’ai trouvé l’approche analytique de Ruth très pertinente, soudain dans ce nouveau chapitre « Le cours de l’analyse actuelle » elle est très antipathique. Je la trouve culottée et trop sûre d’elle et même animée de mauvaises intentions à l’égard de son analysant. En bref le contre-transfert semble plutôt négatif.

Les effets de la lettre de Freud sur l’Homme aux loups

Le 6 juin L’homme aux loups répondit à la lettre de Freud[1] et à la question qu’il lui avait posé : avait-il vu avant ou après son rêve des loups, l’opéra La Dame du pique ? L’homme aux loups lui avait répondu du tac au tac en lui apportant deux nouveaux souvenirs de castration, l’un portant sur la castration des étalons, l’autre évoquant  une intervention chirurgicale chez une parente ayant des orteils surnuméraires et qu’on lui avait enlevé. Ce registre de la castration n’est ni symbolique, ni imaginaire, elle porte sur le Réel.

Métaphores et métonymies

Lacan a rapproché la métaphore et la métonymie de ces deux mécanismes du travail du rêve que sont la condensation et le déplacement. Ces termes méritent donc d’être définis, analysés  et comparés entre eux avant de pouvoir s’inscrire sur le graphe du désir.

 J’ai commencé par glaner un certain nombre de ces figures de style et de ces mécanismes et  tout d’abord quelques métaphores qui sont pour la plupart des métaphores poétiques

La déception de Freud par rapport à l’analyse de l’Homme aux loups

J’ai beau prendre  mon courage à deux mains et essayer  de  terminer la lecture des deux dernières pages de ce texte de Freud sur l’Homme aux loups, il s’agit du dernier chapitre, conclusif, qui a pour titre « Résumés et problèmes »,  il y a toujours quelque chose qui m’arrête en chemin. Cette fois-ci c’est la déception de Freud par rapport aux résultats obtenus dans cette analyse  qui lui a donné pourtant tant de mal. Je pense qu’il oublie qu’il en est en grande partie responsable et que ce n’est pas juste de tout verser au compte de son analysant.

Les trois raisons de sa révolte contre la religion (L’Homme aux loups)

Je piétine un peu sur  les deux avant dernières pages de ce texte de Freud sur L’Homme aux loups (pages 262 et 263 du « gardiner ») dans lesquelles il traite des trois raisons de sa révolte contre la religion, la première nous l’avons vu, c’est la fixité de ses investissements libidinaux. Doit-on y lire ses fixations sadiques anales et donc sa haine du père et sa révolte contre lui. Oui,  car nous les avons déjà trouvées décrites dans le corps du texte, notamment page 238 où Freud évoque sa révolte contre un Dieu cruel qui a été capable de laisser martyriser son fils et le laisser mourir sur la croix. Nous avons tous des souvenirs, au demeurant assez réalistes et effrayants de ces représentations du Christ, soit mort sur la croix, soit gisant, cadavérique,  sur les genoux de sa mère. Cela donne aux enfants une bien curieuse idée de ce qu’on peut attendre de l’aide de Dieu le père et surtout de ce qu’est la nature humaine, encore que de ce côté-là ils puissent en savoir quelque chose venant d’eux-mêmes, de leurs propres fantasmes.

La naissance du graphe du désir le 6 novembre 1957

 Un extrait de mon livre « Les Orthographes du désir » qui vient de sortir chez L’Harmattan ce premier juillet 2017. C’est un viens-avec-moi du graphe du désir.  

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La naissance du graphe du désir le 6 novembre 1957

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Dès les premières phrases de cette première séance du séminaire « Les formations de l’inconscient », Lacan nous annonce cette naissance du graphe : « Je vous expliquerai ce que signifie ce schéma auquel nous aurons à nous reporter dans toute la suite de notre expérience théorique cette année. Enfin je prendrai un exemple, le premier exemple dont se sert Freud dans son livre sur le trait d’esprit […] Et je commencerais de vous montrer à ce propos, comment le trait d’esprit se trouve la meilleure entrée pour notre objet, à savoir les formations de l’inconscient. Non seulement c’est la meilleure entrée, mais je dirai que c’est aussi la forme la plus éclatante sous laquelle Freud lui-même nous indique les rapports de l’inconscient avec le signifiant et ses techniques. »

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